{"tema_id":"3150","string":"Banneux, Louis (1869-1932)","created":"2026-04-09 18:53:58","code":null,"notes":[{"@type":"Note d'application","@lang":"fr","@value":"Type : Nom de personne\n\n1869 (Rochefort, Belgique)-1932\n\nLouis Banneux est n\u00e9 \u00e0 Rochefort, en 1869, d'une ancienne famille de la r\u00e9gion. Apr\u00e8s de modestes \u00e9tudes secondaires au petit s\u00e9minaire de Bastogne, il s'occupe de questions sociales dans les milieux catholiques li\u00e9geois. A 27 ans, il devient fonctionnaire au Minist\u00e8re de l'Industrie et du Travail et c'est avant la fin de sa carri\u00e8re que la mort le surprend, directeur g\u00e9n\u00e9ral au Minist\u00e8re des Travaux publics, en 1932.\n\nRien, dans cette carri\u00e8re, ne laissait pr\u00e9sager une activit\u00e9 de litt\u00e9rateur. Si Louis Banneux publie beaucoup, ce sont des \u00e9tudes et des articles sp\u00e9cialis\u00e9s de sociologie et d'\u00e9conomie, travaux qui ne sortent gu\u00e8re du cadre de revues scientifiques. Et si plusieurs de ses ouvrages sont couronn\u00e9s (notamment par l'Acad\u00e9mie royale de Belgique) c'est en raison de leur valeur documentaire, voire utilitaire (Manuel d'enseignement de la pr\u00e9voyance, Manuel pratique de la coop\u00e9ration, L'\u00c9ducation manuelle, etc.).\n\nSociologue et \u00e9conomiste, philanthrope et curieux, Louis Banneux est naturellement attir\u00e9 par les manifestations populaires : les petits m\u00e9tiers, les industries locales, la vie des artisans et des ouvriers. C'est l\u00e0 l'origine de sa voie la plus heureuse.\n\nPar deux fois, il s'essaie au roman (L'h\u00f4te maudit, 1904; Le miroir aux alouettes, 1913), romans \u00e0 th\u00e8se trop \u00e9vidente et sans grand int\u00e9r\u00eat litt\u00e9raire. L'imagination n'est pas son fait, ni la cr\u00e9ation. C'est l'observation attentive et minutieuse de la vie des travailleurs les plus modestes qui lui sugg\u00e8re la publication, en deux volumes, de courtes \u00e9tudes sur les petits m\u00e9tiers : L'\u00e2me des humbles, parue en 1912, constitue le premier titre de Louis Banneux sur le plan litt\u00e9raire qui nous int\u00e9resse.\n\nL'auteur ne cesse de collaborer \u00e0 quantit\u00e9 de revues savantes ou sp\u00e9cialis\u00e9es, certaines accordant quelque place au folklore et au dialecte.\n\nCe n'est que dans les dix derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie que Banneux se d\u00e9cide \u00e0 publier ce qui, r\u00e9ellement, constituera son oeuvre litt\u00e9raire et le sauvera de l'oubli. \n\nLoin de figurer parmi les \u00e9crivains majeurs de notre litt\u00e9rature, Louis Banneux occupe pourtant une place tr\u00e8s particuli\u00e8re qui vaut d'\u00eatre connue et soulign\u00e9e. \nIl est non seulement un conteur r\u00e9gionaliste profond\u00e9ment attach\u00e9 \u00e0 son terroir mais son inspiration plonge ses racines dans notre plus ancien fonds litt\u00e9raire. Il est un des rares \u00e9crivains de Wallonie \u00e0 pr\u00e9senter un lien avec la litt\u00e9rature m\u00e9di\u00e9vale, ses genres et ses th\u00e8mes.\n\nLitt\u00e9rature de caract\u00e8re oral : le plus souvent la plume c\u00e8de la place \u00e0 la parole, agreste et lente, des paysans d'Ardenne. Le conteur parle plut\u00f4t que d'\u00e9crire : la veill\u00e9e se passe dans la p\u00e9nombre et seules les lueurs du foyer ponctuent d'\u00e9clairs les r\u00e9cits ancestraux.\n\nL'\u0153uvre de Banneux s'alimente aux traditions populaires qui ont maintenu vivants les cycles \u00e9piques, les aventures des quatre fils Aymon et de leur cheval Bayard. Avec les f\u00e9es et les gnomes (ici nutons et l\u00e0 sotais), avec la ch\u00e8vre d'or, les rebouteux et les sorci\u00e8res, Louis Banneux perp\u00e9tue et fixe le souvenir de notre mythologie r\u00e9gionale. Le merveilleux sous-tend le r\u00e9el; la vie paysanne est sensible \u00e0 chaque page. Un halo de na\u00efvet\u00e9 encadre le tout.\n\nLouis Banneux m\u00e9rite d'\u00eatre appr\u00e9ci\u00e9 au m\u00eame titre que les peintres na\u00effs, aujourd'hui si recherch\u00e9s. "}]}